La Kora : la harpe-luth de l'Afrique de l'Ouest

Publié le par Pascal

La kora est une harpe africaine de la famille des "harpes à chevalet" ou harpe-luth. C'est l'instrument à cordes africain le plus élaboré. La musique et la construction de cet instrument sont uniques au monde.

La kora est pratiquée dans l'ensemble des cultures mandingues. Cet instrument est joué par les mandingues « de l'Ouest » (Mandinka) en Gambie Sénégal et Guinée Bissau, les Malinkés (Maninka) en Guinée, les Bambaras (ou Bamana) au Mali et les Dioulas en Côte d'ivoire. Cependant, c'est en Gambie et en Casamance (Sud du Sénégal) que son rôle dans la vie sociale est particulièrement important. La kora se joue fréquemment en solo, elle est utilisée pour accompagner le chant du joueur lui-même ou d'un jeli. La kora est issue d'une tradition vieille de plusieurs siècles et était jouée dans les cours des rois où les griots et les musiciens faisaient partie du personnel. 


La kora est constituée d'une grosse caisse de résonance hémisphérique, d'un long manche et de deux plans de 10 et 11 cordes situés de chaque côté d'un chevalet qui est perpendiculaire à une peau de biche ou de bœuf qui sert de table de résonance.


Le style de jeu ressemble au picking de la guitare blues. Le placement des cordes permet de jouer la polyrythmique, l'harmonie et des solos rapides avec 4 doigts - le pouce et l'index des deux mains.

 

La tradition dit que les vingt et une cordes de la kora représentent la vie de l'enfant : sept font revivre le passé, sept égrènent le présent, et les sept autres appellent l'avenir ... Selon une autre tradition, sept cordes représentent la mère, sept le père, et sept l'enfant ...


La légende dit : "Tiramagan Traoré, un général de Soundjata Keïta, fondateur de l’empire mandingue à la fin du XIIè siècle, partit vers les hauteurs de Kabou avec son griot Djelimadou Woulen Diabate et deux chasseurs. Au cours de cette expédition, Tiramagan repéra devant une grotte une Djin, une femme-génie qui connaît comme quiconque les montagnes.  Lorsque celle-ci aperçut l’expédition, elle prit peur et se réfugia dans la grotte. De retour à la maison, Tiramagan raconta cette aventure à Waligelenjan, un descendant de Kamisoko. Tous décidèrent de repartir le lendemain matin avec un filet de pêche dans l’idée de capturer cette fameuse Djin. Lorsqu’ils arrivèrent sur les lieux, la femme-esprit était assise devant la grotte. Aussitôt, les chasseurs lancèrent sur elle le filet pour la capturer. La femme-génie s’est à nouveau réfugiée dans la grotte et en est ressortie dans le filet accompagnée d’une kora. Tiramagan épousa cette femme très belle et remit la kora a son griot car lui, en tant que noble ne peut en jouer. Djelimadou Woulen annonça alors : « hé mon noble, ça c’est un instrument à nous, peuple du mandingue ». C’est de cette histoire que la kora, instrument cordophone de vingt-deux cordes aux sonorités de cristal, tire son genre féminin. La première personne en ayant joué fut donc ce griot. Quand il est décédé, en son honneur, on a retiré une corde et c’est depuis cette époque que la kora en compte vingt-et-une avec un anneaux de cuir libre."


Voici une démonstration de kora réalisée par Toumani DIABATE, un maître incontesté de l'instrument :



Pour des informations supplémentaires sur cet instrument, consultez, sans modération le site Kora Jaliya en cliquant sur le logo ci-dessous :
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